Un samedi soir au restaurant...

Samedi soir.
Tiens, si on allait au resto ce soir? Et avec les Minis (1 et 8 ans pour mémoire) qui plus est parce que, oui, on est des vrais guedin avec le Daron. Juste envie de passer un moment tranquille à crier sur les Minis, de pas faire à manger et de payer 50 boules pour un plat qu'on aurait pu faire à la maison. Normal.



Enfin, quand je dis "resto", bon j'exagère un peu. C'est le genre de lieu "kid friendly" comme on dit, où les Minis ont leur aire de jeux personnelle (et non c'est pas MacDo ou Quick) et reçoivent même leur petit menu, crayons de couleur inside, dès leur arrivée, et ballons colorés à ne surtout pas oublier avant de partir. Ceux-là même qui te soulent à peine montés en voiture pour rentrer à la maison "mais baisses-moi ton ballon, je vois rien!" et que tu multiplies par le nombre de Minis, genre tu te retrouves avec le remake du film "Là-haut" dans ton rétro intérieur.
Le Daron fait sa marche arrière...

Un endroit donc familial.
On irait pas pourrir un resto chic, avec du velours rouge sur les chaises - remarques que ça fait un moment que je suis pas allée dans un vrai palace digne de ce nom, longtemps ou même jamais -  et des jolies nappes blanches qui ne sont même pas pleine de tâches et où les gens se parlent tout doucement.
Ils CHUCHOTENT même carrément ! Histoire de pas déranger leurs voisins de table. En général, il n'y a pas de Mini d'ailleurs...ou alors des très bien élevés qui mangent avec leur fourchette, ne coupent pas la parole aux "adultes" et s’essuient délicatement le coin de la bouche avec leur serviette, immaculée elle aussi.
Ça ne me viendrai même pas à l'idée d'aller dans ce genre de chic endroit avec les Minis, non franchement, j'ai du savoir-vivre! Emmener mes Minis braillants dans cette antre du raffinement et de la sérénité alors que j'imagine tant de Mummys et Darons ayant fait des pieds et des mains pour caser leurs propres Minis chez Mamy/Tonton/le premier venu/la voisine sympa afin de passer ce moment sans cris ni pleurs, ni coupage de viande en "tout pitits mo'ceaux".
Non, je pourrais pas.

Retrouves-nous donc plutôt dans la salle de resto FAMILIAL.

A notre droite, un couple type mariés-deux-Minis. Une petite fille blonde qui ne veut absolument pas manger sa pizza mais picorer dans l'assiette de salade de sa Mum - juste pour faire iech à mon avis, alors qu'à la maison ya certainement pas moyen de lui faire avaler un légume - et un petit Mini mâlesque approximativement de l'âge du Léozien - une frêle année de vie - qu'on entend à peine. #PerfectMini
Enfin, je dis "approximativement" alors qu'en échangeant quelques mots, la Mum fait la surprise quand je lui indique que le Léozien est plus jeune de quelques trois mois que son bambin si sage. Oui, le Léozien est costaud et grand: ça peut surprendre. Surtout quand tu nous vois, nous, parents, à côté.

A notre gauche, un autre couple muni de ses 4 Minis exclusivement féminines. Je suis partagée entre l'admiration -non mais quatre quoi - la jalousie -que des petites princesses - et la peur. Quatre je te dis! Dont une adorable poupée de 6 mois à peine, dont on a même pas entendu le son de la voix. La jalousie me reprend.

Oui parce que je dois te dire que à peine a-t-on posé nos délicats fessiers sur les banquettes prévues à notre effet, que le Léozien s'est fait repéré. Genre pas en bien.
Il a chougné 3 plombes, parce qu'il avait faim. On était en retard pour le dîner de Mossieur. #DaronsIndignes
Il a hurlé quand j'ai eu le culot de quitter la table pour aller demander de réchauffer son plat.
Il a râlé entre chaque cuillère qu'on lui fourrait dans la bouche, entrecoupé de nos mes "je comprend pas, il est adorable à la maison", dits bien fort à l'attention de nos voisins de table. Le Daron a pouffé de rire, adieu ma crédibilité.
Il a pleuré quand j'ai ramené mon assiette d'entrées du buffet, parce que j'ai refusé de lui donner de mes crevettes et mes artichauts confis.
La moitié des gens présents nous jetaient des regards emplis de compassion "on sait ce que c'est, courage!" et l'autre moitié plutôt de dépit d'avoir choisi cette place bien trop proche du Mini chiant de service - y'en a toujours un, cette fois c'était le nôtre, mais réalisant certainement bien rapidement que ç'aurait aussi pu être le leur.

Et puis, derrière nous, il y avait ce couple, la quarantaine. Voire la cinquantaine. Sans enfants. Ça aurait déjà dû me mettre la puce à l'oreille, tiens.
Je voyais déjà la femme agacée d'avoir été placée là, dans le royaume Miniesque empli de cris, morves au nez et de "z'ai envie de pipi, Mummy, viiiteu". Je la mattais de loin râler dans sa barbe - et ce n'est pas qu'une image - pestant contre ces petits morveux qui faisaient déjà bien trop de ramage pour elle, et qu'est-ce qu'ils foutaient tous là, d'abord? A squatter ce resto familial, non mais quelle idée? Un samedi soir en plus, ils devraient pas être au lit plutôt que de venir empoisonner son air, non?
J'extrapole là, mais ces coups d'oeil furieux en disaient long.

Et c'est pile à ce moment-là que le Léozien a décidé de hurler à nouveau, officieusement pour lui donner raison, officiellement car les frites du Daron étaient passées sous son nez mais pas encore dans son estomac. Outrage donc.
J'entends distinctement la CONNASSE en question (parlons clairement) dire à son mec (sic):
"Non mais il va pas nous casser les couilles celui-là"
Pardon d'être aussi vulgaire, mais, pour le coup, je ne fais que répéter.
Celui-là étant donc mon fils, Mini d'à peine 1 an.
Un bébé.
Qui pleure.
Dans un resto familial.
Sacrilège.

Je ressens une violente envie de frapper. Je la réfrenne. Pas devant les Minis.
En face de moi, je vois le Daron serrer les dents. Si c'est lui qui démarre, ce sera un carnage. Je préfère prendre les devants.

Le mari de la connasse en question sent sûrement que ça va tourner au vinaigre et se jette sur le premier serveur venu pour que - viiiite - une autre table leur soit attribuée, et le plus loin possible du petit casse-couille bouclé si possible.

Je regarde la connasse. Elle se cache derrière sa frange moche. A aucun moment elle ne nous regardera. Franche du collier la meuf.
Je regarde le mari, lui faisant remarquer, à elle comme à lui que ce n'est qu'un bébé - youhou on se réveille - et que je peux difficilement le bâillonner afin que ces messieurs-connasses-dames puissent se rassasier tranquillement.

Et là, le mec me sort la réponse la plus drôle que je n'aurais pu imaginer:
"Non mais, c'est pour pas vous déranger"
J'ai pouffé. Jaune.
Mais certainement. J'aurais presque dû le remercier peut-être?

J'ai regardé à nouveau la connasse, toujours la tête dans son assiette vide. Ou peut-être est-ce l'inverse? Je l'ai gravement insulté intérieurement. Puis j'ai espéré qu'elle n'ait pas de Minis avant de me persuader qu'il était plus que probable qu'elle n'en ait pas pour réagir de cette manière aussi ridicule.

Juste après leur installation à quelques tables de la famille casse-couille (nous donc), j'ai espéré fort fort qu'une autre famille de braillards s'installerait à leurs côtés histoire de leur pourrir jusqu'au bout leur repas. Je n'ai peut-être pas été exaucée mais j'ai confiance envers le karma pourrave!

Et nous?
Soyons francs, ils nous ont un peu pourri la soirée quand même. Ben ouais mais tu sais ce qu c'est quand on commence à s'en "prendre" à tes Minis, la tension monte vite mais peine à redescendre.
Après, le caractère (très) légèrement agaçant (si peu) du Léozien ce soir-là ne nous a pas non plus conforté dans notre idée de passer une soirée calme et agréable. Pas grave, on en a eu et on en aura d'autres.
©Drôle de Mums
A mon avis, c'est pas franchement nous qui aurions pu prétendre à cette réduction spéciale "Minis bien élevés" mais je serais prête à parier que la connasse aurait aimé l'inventer :)


Commentaires

  1. situation pas amusante du tout mais à lire, je pouffe! amitiés

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